Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement
Message de M. Koïchiro Matsuura
Directeur général de l'UNESCO

M. Koïchiro Matsuura

International - UNESCO
10 novembre 2007

Les progrès de la science et de la technologie ont toujours été étroitement liés au développement économique et social. À son tour, le développement conduit à la stabilité et à la paix. On peut donc dire que le progrès scientifique et technologique contribue à jeter les bases du développement et de la paix.

Les investissements consacrés à la science et à la technologie ont d'importants effets à long terme sur le développement économique. L'amélioration de l'espérance de vie et de la qualité de la vie, la réduction de la pauvreté, l'accroissement des possibilités d'emploi et le renforcement du savoir scientifique et technologique sont quelques-uns des principaux bénéfices de ces investissements. Qui plus est, de nombreuses études montrent que si l'investissement consenti en faveur de la science et de la technologie rapporte beaucoup à l'entreprise, il est encore beaucoup plus rentable pour la société, car les nouvelles idées sont souvent appliquées dans des domaines qui vont bien au-delà de ceux imaginés initialement par l'inventeur.

Les bienfaits de la science sont à coup sûr considérables. Mais de nombreux pays sont encore exclus de la recherche scientifique et, partant, des avantages que procure le savoir scientifique. Un engagement politique soutenu et une coopération internationale efficace sont nécessaires pour que le fossé entre les « nantis » et les « démunis » cesse de s'élargir.

C'est là un domaine où l'UNESCO peut jouer un rôle important. L'Organisation aide ses États membres, notamment ceux du monde en développement, à améliorer leur capacité scientifique, en particulier par l'intermédiaire de ses deux centres scientifiques internationaux de catégorie 1, le Centre international Abdus Salam de physique théorique (CIPT), à Trieste (Italie), et l'Institut UNESCO-IHE pour l'éducation relative à l'eau, à Delft (Pays-Bas). Tant le CIPT, qui forme des physiciens, que l'UNESCO-IHE, qui forme des spécialistes de l'eau, centrent leurs efforts sur la formation d'étudiants en provenance de pays en développement. Au fil du temps, les deux institutions ont constitué un large réseau mondial d'anciens élèves, qui aident leurs pays d'origine à mettre au point une politique scientifique et technologique adéquate, et contribuent au développement général et au bien-être de la population.

Les difficultés et les priorités de l'investissement dans la science diffèrent d'une région géographique à l'autre. L'augmentation des moyens financiers investis dans ce secteur est certainement une priorité pour le développement mais, en règle générale, cela ne suffit pas. La paix, des systèmes éducatifs efficaces et accessibles, des institutions de qualité, une infrastructure solide et un appui du secteur privé sont également nécessaires pour atteindre de hauts niveaux de développement.

Les institutions sont particulièrement importantes : c'est d'elles que dépendent la bonne gouvernance et la stabilité macroéconomique. L'amélioration des conditions générales suppose donc l'adoption d'un cadre politique d'ensemble qui place l'investissement dans la science, la technologie et l'innovation au cœur du processus de développement. En d'autres termes, le vrai défi consiste à faire une place à la science dans tous les domaines de la politique gouvernementale, et à adopter des mesures éducatives, réglementaires et budgétaires qui permettent à l'innovation de s'épanouir dans tous les secteurs de l'économie. Beaucoup plus qu'un choix économique, l'investissement dans la science est avant tout et surtout une décision politique.

Aujourd'hui, nous savons que le développement économique est une priorité, mais qu'il ne doit pas mettre les ressources de la planète à trop rude épreuve. Peut-être y faudra-t-il une véritable révolution dans notre manière de penser, mais nous devons comprendre que le développement humain durable dépend des ressources et des fonctions environnementales assurées par la nature. La science et la technologie sont essentielles pour nous permettre de découvrir les nouvelles voies d'un développement durable.

C'est pourquoi, en cette Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement, je demande à toutes les parties prenantes, à tous les partenaires du développement qui sont concernés de mobiliser des ressources humaines et financières en faveur de la science. Nous devons tous participer à l'édification d'un avenir de paix et de développement durable dans lequel la science joue son rôle décisif. Investissons dans un nouvel avenir, fondé sur le partage des progrès et des bénéfices de la science.

Source : UNESCO

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