 |
Auteure : Jacqueline Romano-Toramanian, comité des retraités Brundtland, CSQ, Conseillere principale, C.A. de l'AQPERE |
Canada
Quel titre inspirant pour ce 5e congrès mondial d’éducation relative à l’environnement, qui s’est tenu au Palais des congrès de Montréal du 10 au 14 mai. Avec sa douzaine de niches thématiques, son Forum des ONG, son Forum politique, ses conférences d’ouverture, ateliers, tables-rondes, affiches, exposés oraux, son espace cinéma, sa soirée magique au Biodôme, et n’oublions surtout pas son salon d’exposants et ses activités para congrès, il y avait de quoi satisfaire les goûts des plus gourmands aux plus gourmets et exercer son flair et sa capacité de faire des choix judicieux.
J’en ressors saoûlée, fourbue, gavée, titubante, sonnée mais combien stimulée, nourrie, comblée, motivée, pleine d’espoir, désireuse d’aller davantage dans l’action et l’engagement éco citoyen (citoyenne à part entière dans notre vaste oikos qu’est la Terre). Fière aussi de m’être impliquée à plusieurs niveaux : en tant que participante, animatrices de deux tables rondes, modératrice, membre de l’équipe organisatrice de la niche : « L’école au sein de sa communauté ». Quel bonheur de se retrouver dans cet océan humain qui partage nos valeurs…
Un mois plus tard ce qui me vient spontanément à l’esprit, me fait sourire, me stimule encore, nourrit mon agir :
- La bonne humeur, l’enthousiasme, le plaisir au sein de l’équipe de la niche présidée par Carole Marcoux qui a su mener de main de maïtre et cependant avec tant de grâce et d’efficacité son équipe à chaque étape de la mise sur pied de la niche. Je me souviens encore du plaisir que nous avons eu à faire nous-mêmes l’exercice de répondre aux trois questions du congrès, d’abord tout seul, de façon spontanée, puis en équipe. Je rappelle ici les trois questions au cas où certains voudraient s’essayer. Un superbe exercice pour les méninges, pour faire le point chacun avec où nous en sommes nous-mêmes face à ces enjeux et enfin pour nourrir notre désir d’action :
1-L’éducation relative à l’environnement peut-elle enrichir le sens de nos vies ?
Comment ?
2-Comment peut-elle contribuer à l’innovation sociale ?
3-Peut-elle contribuer à influencer les politiques publiques ? Comment ?
P.S. Au prochain bulletin je partagerai avec vous mes réponses aux trois questions et je pense que ce serait bien intéressant et sympathique que plusieurs d’entre nous en fasse autant, peu importe que l’on ait participé ou non au congrès!
- Le Forum des ONG, un véritable espace de parole, de palabre, de partage et d’échanges, dans une atmosphère conviviale, chaleureuse. Quelle belle
expérience, riche en découvertes et en promesses de collaboration.
- La conférence de Ricardo Petrella : « Le défi du XXIéme siècle, la vie – Mettre
fin à la marchandisation du monde. De sa conférence flamboyante je retiens : « Il ne faut pas parler de changements climatiques » mais bien de «catastrophe, de désastre climatique ». Voir le fidèle compte-rendu qu'en a fait Brigitte Blais.
- La visite inoubliable dans 3 écoles vertes EVB (Établissement Vert Brundtland), organisée par Kathleen Usher de l’organisme Evergreen. Quelle fraîcheur! Quel magnifique accueil! Quel espoir d’un monde meilleur! Au programme deux écoles primaires, une secondaire. Tout y était : verdissement de la cour d’école, potager, valorisation des matières organiques (compostage), site web entretenu par les élèves…et bien bien d’autres choses ! Nous étions guidés par des élèves très convaincus, très convaincants et qui savaient très bien de quoi ils parlaient. En les quittant à la fin de la visite, je me disais que j’étais sans doute en train de serrer la main d’un futur ministre de l’environnement ou d’un de nos décideurs de demain.
Trois autres coups de coeur :
- La présentation de Marc Boutet, de l’Université de Sherbrooke : « Comment former des écocitoyens », un véritable programme d’éducation à l’environnement et au développement durable. En l’écoutant je retrouvais tous les ingrédients qui font le succès de nos Établissements Verts Brundtland (EVB) une initiative québécoise :
- La sensibilisation au milieu naturel où il est question de développer sa conscience écologique, le respect et l’amour du vivant, le sens de l’émerveillement.
- La responsabilisation qui contribue à développer une conscience de son pouvoir d’agir et de s’engager
- Le jugement critique, où il est question de comprendre et de tenir compte des aspects sociaux, politiques, économiques et éthiques liés aux enjeux environnementaux
- Le sens démocratique, où il est question d’agir en concertation avec sa communauté pour la protection de l’environnement et l’amélioration du milieu de vie, prendre en compte les autres points de vue et participer au processus de prise de décision
- La mobilisation des connaissances, où il s’agit de mettre à contribution ses connaissances et son savoir faire pour bien comprendre un enjeu environnemental donné et pour mieux cibler son action.
- L’espace cinéma où j’ai eu le grand bonheur d’assister à la discussion qui a eu lieu avec la réalisatrice Marie-Monique Robin, suite à la projection de son film « Le monde selon Monsanto » et avec le scientifique Chopra qui avait été viré de Monsanto. J’avais déjà visionné ce film trois fois et à chaque fois, j’en ai frémi d’indignation. Je signale que l’on peut visionner ce film gratuitement sur internet. C’est un « must »
- Et évidemment le dernier et non le moindre coup de cœur : cette magnifique, magique, féérique soirée festive au Biodôme avec au programme des numéros de cirque, du Tai chi et une visite guidée des lieux.
Merci à tous les organisateurs pour ce grand congrès que nous avons eu la chance d’avoir cette année au Québec. Inch’allah à Brisbane en 2011 !
|