Volume 3, no.3, PRINTEMPS 2009

Collectifs nationaux

L’ERE le parent pauvre de la conservation en Afrique Centrale

HEGA Martin Fridolin
Gestionnaire du projet "Monts de Cristal"
hegafridolin[@]yahoo.com

Afrique centrale

Le REEDDAC (Réseau d’Education Environnementale pour le Développement Durable en Afrique Centrale) vient de tenir du 17 au 19 Décembre 2008 son deuxième forum à Brazzaville au Congo sur le thème de la consommation de la viande de brousse.

Malgré tous les efforts consenti,s le constat reste le même: les grands programmes et projets de conservation des forêts du Bassin du Congo laissent très peu de place au volet "Education Environnementale".

Il est possible pour le constater, de vous posez les questions suivantes :

  • Combien de personnes spécialisées en ERE travaillent dans votre organisation ?
  • Quels sont les équipements techniques qui existent pour l’ERE dans votre organisation ?
  • Dans le budget de votre organisation, quel est le pourcentage alloué à l’ERE ?
  • Les activités d’ERE entrent-elles dans une stratégie globale sur le long terme ?

Vous constaterez avec amertume que l’ERE reste une panacée pour la plupart des organisations dans la mesure où elle contribue souvent à embellir les rapports annuels rédigés pour les bailleurs.

Selon un sondage réalisé auprès d’une dizaine d’organisations lors d’un atelier en Tanzanie (MWEKA college) au pied du Mont Kilimandjaro, le pourcentage réservé au volet ‘ERE’ pour tous les participants (dont l’organisation avait un volet ERE) oscillait entre 5 et 15 %. Ce qui est marginal lorsque l’on sait combien de fois, la mise en place d’un véritable programme d’ERE peut faciliter l’implantation et la pérennité d’un programme de conservation dans une région.

En effet, qui dit ERE, dit "Populations Locales" héritières de ce riche patrimoine de l’Humanité que sont les forêts du Bassin du Congo. Il est vrai que plusieurs organismes de conservation évoluent en vase clos pour la mise en place de leurs activités, mais nous savons tous qu’il ne s’agit pas de programme durable dans la mesure où les "propriétaires" ne se sentent pas impliqués.

Impliquer ces populations signifie échanger, discuter, négocier et s’accorder pour une gestion durable au bénéfice de l’Humanité et des générations futures, mais conduite par les héritiers séculaires de cette inestimable richesse. Toute démarche contraire est vouée à l’échec pour la conservation en particulier et pour l’humanité en général, même si d’apparents succès individuels et égoïstes pourraient émerger.

Il s’agit donc d’un choix à opérer par les promoteurs de programme de conservation, singulièrement en Afrique Centrale.

Ce choix est toujours fait lors de TOUTES les déclarations lues à l’issue des différents séminaires et autres conférences nationales ou internationales dont la première recommandation est généralement libellé comme suit :

«  Informer et sensibiliser les populations ………………. ».

Cependant, comment sensibiliser ces populations aux différentes problématiques que traversent notre planète à savoir :

  • Perte récurrente de la biodiversité…
  • Changements climatiques…..
  • Pollution de l’air, de l’eau et des terres….
  • Déforestation abusive….
  • Braconnage intense….

Chers lecteurs et porteurs d’ERE, vous devez savoir que des méthodes efficaces qui ont fait leur preuve existent et nous sommes disposés à les partager avec vous dans le cadre du REEDDAC dont le premier annuaire est en voie de parution.

« Conservation it’s about people… » slogan de l’organisation ‘RARE’