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Photo : Ricardo Petrella.
Texte par Brigitte Blais
pour Planèt'ERE
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5WEEC - Montréal, Québec, Canada
Dans le cadre de l'ouverture du 5e Congrès mondial d'éducation relative à l'environnement (5WEEC), le lundi 11 mai à Montréal, Ricardo Petrella, politologue et économiste de renom, appelait les éducateurs de tout acabis à éduquer tant les adultes que les enfants à se libérer de cinq phénomènes qui font de notre monde un terreau d'inéquités.
Se libérer des menaces de destruction massive
Selon Ricardo Petrella, il ne sert à rien d'évoluer sur les plans humains et environnementaux tant que la menace nucléaire existe. La menace n'est pas seulement la prolifération des armes, mais leur qualité et leur puissance qui augmente. Citant Barack Obama disant « J'ai un rêve, celui de vivre dans un monde sans arme atomique », M. Petrella invite tous les enseignants à démarrer un mouvement de jeunes pour la démilitarisation des États-Unis qui détiennent la moitié des armes nucléaires du monde. Il les invite à rédiger et envoyer des lettres au président Obama afin qu'il mette en pratique ce qu'il a prêché.
Selon Petrella, il est incohérent de demander aux autres pays de se démilitariser si on ne le fait pas soi-même. Et comme les États-Unis sont ceux qui détiennent le plus grand nombre de bombes nucléaires, ils doivent être les premiers à démanteler leur arsenal.
Se libérer de la négation du droit à la vie
« Comment se fait-il que nous acceptions que 2,8 milliards d'humains vivent avec moins de 2$ par jour ? Comment se fait-il que nous acceptions que les objectifs du millénaire ne soient pas atteints ? Comment pouvons-nous accepter que les bidonvilles grandissent ? » se questionne M. Petrella. Nous devons selon lui cesser d'accepter ces inégalités, libérer notre pensée de cette acceptation fataliste et silencieuse.
Libérer la Vie de la dévastation causée par la « croissance dévoreuse de vie »
En ce moment, on laisse les marchés financiers décider de la valeur des choses. Ainsi, plutôt que de voir les gouvernements provoquer les changements par des règlementations sévères, on laisse les marchés provoquer les changements. C'est le cas pour les changements climatiques où il a fallu attendre que le marché développe les bourses du carbone pour que les entreprises se mettent à changer leurs technologies. La réglementation n'a pas changé assez vite, il a fallu que le marché s'active pour que les pollueurs cessent de polluer. Or, on ne doit pas laisser le marché décider des orientations à prendre ou non selon Petrella.
Pour lui, c'est signe que l'on doit éduquer la Sagesse de la vie. Il faut cesser de laisser le marché décider de Qui a droit ou non aux ingrédients de la vie, de qui a droit à l'eau, à un terrain, à des aliments, etc.... « Chavez a nationalisé le pétrole, il a été qualifié de tous les noms. Pourtant, aujourd'hui, c'est tout son peuple qui en bénéficie ». Il y a moins de clivage entre les riches et les pauvres dans son pays.
Se libérer des désastres climatiques
Petrella invite ici les éducateurs à plus de « cosmonomie », c'est à dire à l'enseignement des lois qui régissent la vie biologique et la société. Par exemple, nos réponses actuelles aux « changements » climatiques sont d'ordre technologiques et financiers. On tente de s'adapter aux changements, de vendre de nouvelles technologies, de préparer la période post-pétrole, mais on le fait encore sous le même modèle économique prédateur, croit Petrella. « Il faut devenir plus sage, sinon la pauvreté ne sera pas éradiquée, même après avoir trouvé une alternative au pétrole. On doit éduquer à la sagesse donc ».
À son avis, les changements climatiques sont des désastres climatiques. Pour lui, le changement doit s'effectuer à l'intérieur de nous.
Se libérer de la marchandisation de la Vie
Donner un coût à l'eau, aux aliments, aux sols urbains et ruraux, à la santé, aux habitats, ce sont des choses qui empêchent d'atteindre la qualité de vie. « On a même marchandisé le CO2, les gènes, les formules mathématiques, etc. Il faut se battre contre la marchandisation de la vie, des connaissances, de la santé. On doit redonner l'aspect sacré aux éléments qui permettent la vie. » dit-il. Selon lui, il faut déprivatiser les biens communs afin qu'ils appartiennent et soient partagés à tous. « La sacralité de la vie est le point de départ et d'arrivée pour démilitariser et éradiquer la pauvreté » conclut-il.
« Il faut se libérer de l'idée que tel fait ou telle situation est INÉVITABLE. Si on se dit que la pauvreté est inévitable, alors on ne parviendra jamais à l'éradiquer. Si on est convaincu que les bidonvilles sont là pour rester, alors nous n'améliorerons jamais la vie de ses habitants, ni même le nombre » croit Petrella, optimiste malgré tout SI, et seulement SI les changements prennent cours.
Brigitte Blais, pour Planèt'ERE
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